Une voiture de police venait de s'arrêter sur le bas coté. Un policier sortit de la voiture et commença à s'avancer vers moi. J'hésitais entre m'enfuir ou rester ici, prenant le risque de me faire embarquer. Comment la police avait-elle été prévenue ? Un voisin m'aurait-il vue ou entendue ? Il me demanda quel était mon âge. Je lui répondis, d'une voix tremblante, en serrant très fort la bretelle du sac qui contenait le fruit de mon vol :
« - 16 ans.
- Qu'est-ce que tu fais toute seule dans la rue à cette heure-ci ?
- Je rentre chez moi. J'ai passé la soirée chez une copine.
- Tu es sure ?
- Oui oui. J'habite la maison juste là.
- C'est bon, file et que je ne te revoie plus traîner dehors si tard. »
Je rentrai ensuite chez moi, le plus calmement possible. Une fois dans ma chambre, je jetai le sac dans mon armoire et m'effondra sur le lit. Trop d'émotions pour aujourd'hui.
[...] Deux semaines plus tard, Thomas m'avait apporté mes papiers, et j'avais réussi à vendre tout ce que j'avais volé. Je comptais vider le compte de mon père juste avant mon départ. Malheureusement pour moi, les bijoux de cette famille n'avaient pas grande valeur, mais ils m'avaient tout de même rapporté 550¤. Avec cet argent, je savais que je pourrai seulement acheter mon billet d'avion. Mais bon, c'était déjà ça.
[...] Je me trouvais dans le taxi. J'avais préféré garder mes valises sur moi. Finalement, j'avais acheté le billet d'avion sur internet avec la carte de crédit de mon père, et lui avait piqué les 400 ¤ restant sur son compte.
La veille de mon départ, Patricia et mon père étaient venus me féliciter de mes excellents résultats scolaires et de mon merveilleux changement d'attitude. Tout ce passait exactement comme je l'avais prévu.
J'avais tout fait pour arriver à haïr cette ville. Le départ sera ainsi plus facile. Je m'était persuadé que je détestai tout : mes amis qui m'avaient délaissés (même si c'était de ma faute), mon père, sa femme et son fils que je jugeai stupides, mes voisins ...
[...] L'avion commença à décoller. Je m'étais placée juste à coté d'un hublot. Ca y était, je ne pouvais plus reculer, ma nouvelle vie était en marche. La passagère assise à coté de moi, une femme d'environ 40 ans, m'adressa un sourire en me demandant :
« - Vous allez à Tokyo ?
- Oui.
- Moi aussi. Vous allez bien ? Vous êtes très pale.
- C'est la première fois que je prends l'avion.
- Ne vous inquiétez pas, tout ce passera bien. »
Ce n'était pas le trajet en avion qui m'inquiétait, mais plutôt ce qu'il allait m'arriver une fois le voyage terminé.
[...]L'avion amorça sa descente. Ma gorge se serrait. J'avais l'impression que plus l'avion se rapprochait du sol, plus mon c½ur battait fort et plus mon ventre se serrait.
Lorsque je vis les passagers commencer à descendre, je me décidai enfin à me lever et à les suivre.
Je n'avais pas voulu me renseigner sur le Japon pour avoir la surprise totale, et bien je n'ai pas été déçue. Moi qui n'avais jamais entendue un mot de japonais, je fus agréablement surprise par les sonorités de cette langue. Après avoir récupéré mes valises, je me dirigeai à l'extérieur pour voir à quoi ressemblait Tokyo.
Mon dieu ! C'était magnifique et terrifiant à la fois. Le coté terrifiant commença doucement à l'emporter sur le reste, je me demandais comment j'allais faire pour trouver un hôtel et surtout, un travail, tout ça sans parler ni lire le japonais ?
Epuisée, je m'assis sur les marches de l'entrée de l'aéroport, la tête entre les genoux.
J'entendis soudain une voix d'homme me dire en anglais :
« Excusez-moi, je peux peut-être vous aidez ?
- J'aimerai trouver un hôtel pour cette nuit. »
Je ne savais pas si je pouvais lui faire faire confiance, mais comme je n'avais nulle part où aller ... Je lui ai ensuite expliqué que je venais pour la première fois au Japon et que je ne parlais pas un mot de japonais. Il m'avait conduit dans un hôtel puis m'avait indiqué un endroit où je pourrai prendre des cours de japonais. En chemin, il m'avait également aidé à changer mes euros contre des yens.
[...]C'était ma première nuit à Tokyo. J'avais eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. La lumière et les bruits de la ville passaient à travers les volets. Je venais d'une petite ville de campagne, je n'étais pas vraiment habituée à la ville. Exténuée par mon voyage, j'avais fini par m'endormir vers 3 heures du matin.
[...]Trois semaines après mon arrivée, je n'avais plus assez d'argent pour loger à l'hôtel. Je devais absolument trouver un travail. J'avais passé tout mon temps à suivre une formation accélérée de japonais, ce qui avait fini de me ruiner.
Je m'étais liée d'amitié avec une jeune japonaise de 19 ans, qui étudiait le français. Son nom était Reira.
Ce jour-là, elle m'avait emmené visiter une partie de Tokyo, au final, nous avions passé la plupart du temps à faire les magasins.
« Pfiou, je commence à avoir mal au pieds !
- Quoi ? Déjà ? se moqua Reira.
- Tu veux pas faire une pause ?
- Bah, si tu veux, tiens, on n'a qu'a s'asseoir là. »
En moins de 2 secondes, je m'étais affalée sur le banc qu'elle m'indiquait.
« Ben dit donc, tu n'as pas acheté grand-chose ! Ces magasins ne te plaisent pas ? »
Je jetai un rapide coup d'½il à ses achats : elle avait les bras chargés de paquets.
« Ce n'est pas ça, c'est juste que je n'ai plus un rond.
- Pardon ? Ca veut dire quoi ?
- Que je n'ai plus d'argent. »
Cela me mettait mal à l'aise de lui parler de ça. J'avais toujours détesté me plaindre.
« Tu n'as plus d'argent du tout ?
- Plus du tout.
- Comment vas-tu faire pour payer l'hôtel ?
- Je ne sais pas. Je dois partir ce soir.
- Mais tu as trouvé un autre endroit pour dormir ?!
- Pas encore, je vais improviser. »
______________________________________________Voili, voilou, fin du 4ème chapitre !
Pour le passage où Emma est dans l'aéroport, je vous renvoie au prologue.
Je ne suis pas très contente de ce chapitre ...
J'espère me rattraper sur le prochain
-_-"Merci pour vos commentaires ! ! !
15 com's (car ce chapitre est nul ... )
Une fiction géniale sur Tokio Hotel ~~>
ici Piix prise
là.